21 avril 2026

A slice of Life

Je ferai un jour un article sur les raisons pour lesquelles nous aimons les histoires. Je crois que c’est quand même profondément humain. Personne ne s’imagine que les chiens se racontent leurs dernières nouvelles entre eux. Et… encore que.

Pour l’heure, j’aimerais aujourd’hui vous partager des réflexions soulevées par le visionnage d’un épisode de Black Mirror. Série du siècle s’il en est une.

On explore toutes sortes de technologies, émergentes, existantes ou fictionnelles et leurs impacts dans nos vies. Les épisodes sont un peu inégaux, souvent terrifiants et quelquefois poétiques. Toujours crus.

Eulogy

Cet épisode de la saison 7 est sorti récemment, il y a tout juste un an. On a pourtant choisi celui-ci car c’était le seul dont je n’avais AUCUN souvenir.

C’est pourtant le thème, le souvenir ; Philip, un homme plutôt âgé et vivant retranché chez lui apprend le décès d’une ancienne amie, Carol.

Sa famille souhaite recueillir les souvenirs de toutes les personnes qui l’ont connue, et notre héros reçoit ainsi une boîte contenant tout le kit nécessaire à l’exploration des souvenirs, basés sur les photographies dont il dispose. Je trouvais ça fou d’avoir complètement oublié cet épisode. Tout m’est revenu très vite, mais quand même, on est bien dans mon sujet là en plus.

Mystérieuse mémoire

D’autant plus que dans la scène du restaurant, en arrière-plan, apparaît un texte : A slice of Life, soit “une tranche de vie”. Oui, le nom que mon compagnon (qui n'avait jamais vu l’épisode) a trouvé pour m’aider à marketer mon offre.

La mémoire fait bien ce qu’elle veut, parfois, et ça nous échappe.

Comme tous les épisodes de Black Mirror, les champs de réflexion sont multiples, mais je vais me concentrer sur l’aspect peut-être le plus douloureux de cette histoire (et de nos histoires) : les regrets.

Oublions tout ça

L’histoire se déroule comme une pelote de laine, petit à petit, et finit par tisser la chronologie d’une relation amoureuse qui se finira mal.

Philip et Carol sont très jeunes, ils vivent dans une sorte de squat d’un New York underground, artistique et festif. C’est un coup de foudre. Mais le manque de communication aura raison de leur histoire, et le tempérament colérique de Philip finira par faire fuir sa belle.

L’exploration des souvenirs, par le support photographique, accompagné d’une Guide générée par IA (mais pas que, mais on spoile pas ici) amènera Philip à regarder cette histoire sous un tout nouvel angle. Il contemple ses fautes mais continue à se justifier ; elle était coupable.

Tellement coupable qu’il a détruit le visage de Carol sur toutes les photos qu’il avait d’elle. Tellement coupable qu’il ne se souvient plus de son visage tout court.

D’événement en événement, la Guide lui montre des choses qu’il aurait dû voir s’il n’avait pas été aveuglé par sa colère.

De nouvelles informations arrivent, Philip comprend son erreur mais aussi ses limites de l’époque. Jeune homme, naïf, faillible, vulnérable à lui-même.

Comme vous, comme moi.

L’épisode se termine sur tous les possibles que ce travail de mémoire ouvre dans sa vie et pour ceux qui restent. Les regrets disparaissent sous l’émotion et le souvenir d’un amour authentique.

Nota Bene : un biographe n’est pas un psychologue. Philip sera alcoolique pendant 15 ans après la rupture. La Guide trouve un Philip au tempérament renfrogné, mais parfaitement stable.

Le travail de mémoire n’est pas une psychothérapie, mais un legs fait à froid. C’est une photographie faite de vos mots ou de ceux de vos proches.

Il existe plusieurs autres épisodes de Black Mirror relevant de la mémoire, du deuil et de la transmission. Je ne manquerai pas de les traiter ici pour vous !

En attendant, en voici la liste :

Transmettre son histoire

Envie de préserver vos souvenirs de famille ?

Autour d'un café à votre domicile (à Niort et aux alentours), nous avançons un chapitre à la fois, à votre rythme, dans le respect de votre voix et de votre histoire.

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